Les jeans G-STAR

Une lecture d'un objet courant : le modèle "Edwood" de la marque G-STAR.
LE MODELE "EDWOOD" DE G-STAR

STORY TELLING :
Selon son créateur, Pierre Morisset, , le concept de cette nouvelle coupe, serait venu en regardant un motard trempé se relever de sa machine, ses jeans ayant conservés la forme des genoux. Nous avons affaire de suite à une nouvelle et autre mythologie, passant du cheval, au motocyclique.
Il est bien difficile en effet de quitter complètement ces références que fait lui-même le jeans et qui le constituent : toile solide adaptée initialement à des conditions d'usage intensives et dures des découvreurs du Far-West, pièces de tissus solidement rivetées entre elles. Le jeans avec ses traces d'usures, voir maintenant ses déchirures et écorchures reproduites à l'identique en usine, a du mal à quitter ses codes, brute et viril, et en aborder d'autres.
La marque G-STAR elle-même associe souvent le mot anglais "RAW", brute à ses produits.

La notion même de sa solidité n'est plus primordiale. La qualité des toiles, aux dires de vieux clients ou revendeurs, auraient baissées en solidité. Un Levis des années 50 ou 60 conservait tout de même une durée de vie largement supérieure...

Pourtant le jean continue de sous-entendre de l'aventure, de l'usure, mais ne répond plus à cet usage.
La mode elle même se charge de le détruire bien vite. Les effets, les teintes, les traitements se succèdent rapidement réduisant la qualité et la pertinence d'un modèle. Ainsi chez le tisseurs de denim, le nombre de références s'est multiplié par dix, et à chaque salons de présenter de nouveaux produits à l'attention des créateurs.

LE JEAN DU FUTUR ET LE FUTUR DU JEAN
Ce sont les objectifs affichées par la marque, faire du jean un vêtement urbain, moderne et "futuriste".
Le modèle "Elwood" a rajeunit sérieusement le monde du jeans, en 1996, il y a plus 10 ans, en proposant une touche plus mode. Il s'agissait là bien sùr de se démarquer des marques mythiques : Levis, Wrangler, Lee,...





UN JEAN SEXY POUR HOMME.
Le "Levis" incarnait une virilité mythologique, celle de Marlon Brando, James Dean, une façon d'être un homme à travers l'adoption comme d'un costume, celui du motard ou du cow-boy. Le sexy était lié aux codes de virilité, en référence à la vie aventureuse des héros portant des jeans.

Selon moi, le modèle "elwood" se diffère en cela qu'il Il se veut sexy "visuellement", en surlignant le corps de l'homme, le révèlant à l'aide des coutures et surpiqûres ou d'empiècement.
Si la silhouette générale n'est pas complètement révolutionnée, la toile usée, traces et signes des aventures de son possesseur, c'est la composition même des pièces du pantalon qui évolue.



Devant, de haut en bas, 4 parties maintenant bien différentes :
- les poches sont esquissées par deux larges coutures. A remarquer qu'elles ont aussi un effet "sexuant" en soulignant la partie supérieure, le bas ventre, à la manière d'un short,
- les cuisses
- grandes nouveautés là encore, les genoux sont marqués comme par une sorte de coque, faite de plis latéraux,
- puis les tibias.

Le derrière, on le sait est essentiel pour le jean. Là aussi des traces les codes classiques sont visibles :
Une bride ornemente ce modèle. Elle rappelle pourtant des pantalons de travail précédents même les jeans. Ceux-ci en effet produits sans taille, devaient être ajustés sur le corps. La durée d'usage étant plus longue, le pantalon s'adaptait également aux changement du corps.

Deux poches fermées sous-entendent l'activité, les mouvements du corps mais aussi ornemente et soulignent les fesses.
On retrouve ici, comme sur les rivets à l'ancienne, l'usage du cuivre.

Entre les poches, le "cul" est souligné de façon très sexy par un renfort, là aussi vestige de la selle, de cheval ou de moto.
Au bas de l'arrière de la jambe un dernier renfort vient une nouvelle nous donner ce sentiment de technicité et de protection, donc à nouveau, d'aventure et de risques.

Les autres modèles de la marque vont plus loin dans ces évolutions. G-STAR fait évoluer la toile de jean même, cherchant et trouvant d'autres rendus et matières.
En observant le autres modèles de la gamme, il parait ainsi plus facile au créateur de trouver d'autres innovations et formes quand la toile denim est abandonnée, peut-être trop connotée.
Des poches fleurissent le long du corps répondant à des attitudes très urbaines : pour des téléphones ou lecteurs MP3.

Comme je l'ai écrit ce modèle fête ces 10 ans, ce qui signifie aussi que les clients de la première heure ont également dix de plus...
Cette marque qui mise beaucoup la nouveauté, l'effet de mode, voir sur l'innovation, ne semble pas soucieuse de se construire en parallèle, une gamme de modèles plus basique et stable. On ne trouve en effet pas de modèles classiques de la marque, de référents stables comme le sont le standard "501" chez Levis.Elle court le risque de délaissé une clientèle plus âgée, 35-45, pourtant plus aisée.