K.S. : On dirait alors que le verre transcende, non ? Une élévation, une volonté aussi de se couper d'où il vient. Il y a du mystique, de l'idéale dans ce travail-là.
Alors que nous japonais aimons les choses d'ici, très présentes, comme une acceptation de leur sort, mais aussi de la façon dont elles ont été faites. On apprécie dans une poterie, même dans un objet simple de tous les jours, de voir les traces du feu, de la main de l'artisan, les grains de la terre chamottée, l'usure ou même les réparations comme pour le bol que j'ai montré toute à l'heure !

L.G. : Nous on fait tous pour ne pas les voir ! pas de traces d'outils, des surfaces lisses, un verre bien blanc, sans bulle...se sont les critères de qualité ! c'est vrai que c'est très différent, très italiens ! (rires)

K.S. : J'ai lu dans un article ton histoire du pot d'eau.

V.C. : Ah oui ! ça à voir avec cela aussi. Quand mes grands parents sont morts, et qu'il a fallu partager les objets, mon père n'a voulu que le vieux pot d'eau qui était toujours sur la table de la cuisine. Il passait son temps à le regarder en rêvant, plutôt que de faire ces devoirs. Je crois que je ne veux que faire ce type d'objet, ou en tous cas, créer ce type de relation à l'objet... c'est tout.
L.G. : Moi je voulais offrir à ma mère une très belle pièce, un vase sur pied soufflé avec des filigranes, un travail parfait, techniquement, très italien, j'en étais très fier, très fier. Et elle me demandait juste un carafe parce que le chat lui avait cassé l'autre... Mama mia ! (rires dans la salle)



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